Frais bancaires : l’épine des clients en difficulté

L’association 60 Millions de consommateurs et l’Union nationales des associations familiales (Unaf) s’alarment des frais bancaires que subissent les personnes en personnes en difficulté financière qui aggravent encore plus leur situation. Ils appellent les établissements bancaires, à l’exception des banques en ligne, à stopper cette machine infernale qui a coûté plus de 500€ à 1 foyer en difficulté sur 5.

Frais bancaire en cas d’incident de paiement, une mécanique bien huilée

L’association 60 Millions de consommateurs et l’Union nationales des associations familiales (Unaf) ne contestent pas les intérêts en cas de compte en découvert, ces agios qui sont rarement inférieurs au taux d’usure maximum, fixé par la Banque de France. Ils critiquent la mécanique que les banques traditionnelles ont mis en place lorsque un de leurs clients se retrouve en situation de découvert. On retrouve un véritable arsenal en cas de découvert avec :

Une fois que le plafond légal de 10 commissions d’intervention est atteint, les banques traditionnelles passent aux lettres d’information et aux frais de rejet :

  • Les frais de lettre d’information pour compte débiteur non autorisé (13,50€).
  • Les frais de lettre d’information préalable pour chèque sans provision (13,50€).
  • Le forfait de frais par chèque rejeté pour défaut de provision (30€ pour un chèque ≤ 50€ ou 50€ pour un chèque >50€).
  • Les frais de rejet de prélèvement pour défaut de paiement (montant du prélèvement si ≤20€ ou 20€ au delà).

Ainsi, alors qu’un client standard versera 34€ de frais en cas de solde débiteur, un client en difficulté devra verser presque 10 fois plus avec 296€ de frais bancaires annuel en moyenne. Des associations familiales ont même constater qu’en 2016, 1 foyer en difficulté sur cinq a dû payer plus de 500€ de frais bancaires en raison d’incidents de paiement.

Pourquoi les banques abusent sur les frais bancaires en cas de découvert ?

En épluchant les conditions tarifaires des banques traditionnelles, on observe aucune concurrence sur les frais bancaires en cas de découvert (incident de paiement). Les banques font payer le maximum légal en frais bancaires. Seules la Banque postale et les banques en ligne sont moins gourmandes en frais bancaires. Mais pourquoi les banques traditionnelles abusent sur les frais bancaires en cas découvert sur des clients déjà en difficulté ?

Parce que le marché des frais bancaires en cas d’incidents de paiement est un juteux marché qui représente pour la banque un tiers de son chiffre d’affaires. Les frais bancaires en cas de découvert représentent en effet plus de 6,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour les banques chaque année. La plupart des banques en ligne se distingue des banques traditionnelles en ne facturant pas de commission d’intervention et aucune lettre d’information comme le montre le comparatif des frais de découvert ou d’incident de paiement. Ainsi, les clients de Boursorama Banque, banque la moins chère, n’ont payé que 12€ de frais bancaires en 2016 contre 200€ pour les clients des banques traditionnelles.

L’association 60 millions de consommateurs invitent donc les consommateurs à bien comparer les banques et, si possible, changer de banque pour une banque en ligne afin de payer beaucoup moins de frais bancaires en cas de difficulté financière.

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